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     "Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit." [Marguerite Duras]

     

    Nouvelles

    Bienvenue dans la rubrique des nouvelles illustrées par des sims (ou pas) ! 

    Ici seront donc répertoriées les nouvelles, avec un lien pour chaque nouvelle, il y aura également le nom des personnages principaux, car certains personnages seront récurrents, j'espère être assez claire et que vous allez passer un agréable moment en lisant ces nouvelles =)

     

     

    Nouvelles

    I Hate Everything About You, Why Do I Love You ? (Rose & Genki)

     

    Souvenir d'un début de vie (Sandra Evans)

    Chris (Sandra Evans) => à venir

     

    Marche vers la vérité (Elena March)

     

    Les aventures de Pierre : La voiture (Pierre Frogito)

    Les aventures de Pierre : La boule anti-stress (Pierre Frogito)

     

    Une vie volée

     Assez !

     

    Nouvelles

     

    Avertissements

     

    - Tout d'abord je tiens à vous signaler que la publication des textes sera totalement aléatoire, à savoir non régulière, je publierais quand j'aurais écris quelque chose, les nouvelles seront publiées dans leur intégralité en une seule et unique maj

    - Je suis humaine et donc je fais des erreurs, par conséquent il risque d'y avoir des fautes de frappe, d'inattention, de grammaire... (surtout que les terminaisons et moi ça fait deux o___o trop complexe la langue française) donc je vous invite à me signaler des erreurs mais essayez de faire ça de manière respectueuse ;)

    - Du langage familier et vulgaire est à prévoir, ainsi que des scènes de violence et d'homosexualité (et peut-être de sexe), vous êtes donc avertis, si cela ne vous plait pas vous pouvez passer votre chemin =)

    - J'accepte toute critique du moment quelle est constructive.

    - Et je pense que tout à été dit, donc bonne lecture !

     

     

     

    Nouvelles

    Vous pouvez retrouver certaines de ces nouvelles et d'autres en format papier sans illustration ici :

    Le livre Once Upon A Time (Il était une fois)


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    Recroquevillée au milieu de son salon, Rose était en train de se demander comment est-ce qu'elle avait pu en arriver là. 

    Arriver à souffrir à ce point. 

    Juste pour un garçon…

    Elle se repassait en boucle toutes ces scènes qui la faisaient autant sourire que pleurer. 

    Comment est-ce qu'elle avait pu en arriver là ?

    Comment est-ce qu'elle avait pu tomber amoureuse de lui ? 

    Elle savait très bien qu'il ne fallait pas. 

    Elle savait très bien que c'était perdu d'avance. 

    Mais elle l'aimait quand même.


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    Everytime we lie awake

    Chaque fois que nous restons éveillés


    << Le cœur à ses raisons que la raison ignore >>


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    Every feeling that I get

    Tous les sentiments que j'ai

    But I haven't missed you yet

    Mais tu ne me manque pas encore


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    Alors que les larmes ruisselaient lentement le long de ses joues elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir, puis des pas se rapprocher. Elle aurait voulu se lever, partir, que personne ne la voit dans cet état mais elle n'en avait même plus la force. Tant pis, qui que ce soit elle ne ferait pas semblant d'aller bien.


    All the feelings that I get

    Tous les sentiments que j'ai

    But I still don't missed you yet

    Mais tu ne me manque toujours pas


    "Pardonne-moi…" Furent les seuls mots prononcés par cet intrus lorsqu'il arriva à hauteur de la jeune femme.


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    Elle aurait aimé crier, lui demander pourquoi il voulait qu'elle lui pardonne ? 

    Qu'est-ce qu'elle devait lui pardonner exactement ? 

    Le fait qu'il ne s'intéresse pas à elle ? 

    Le fait qu'elle ne lui plaise pas ? 

    Le fait qu'il se soit servit d'elle ? 

    Le fait qu'il ait joué avec ses sentiments ? 


    Only when I stop to think about it

    Seulement quand j'arête d'y penser…


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    "Je suis vraiment désolé pour tout ce que je t'ai fait Rose…" Reprit-il désormais assis par terre aux côtés de son interlocutrice qui ne semblait pas décidée à lever les yeux vers lui.


    Qu'est-ce qu'il voulait qu'elle lui pardonne exactement ?

    Lui-même ne le savait pas vraiment, c'était un tout certainement. 

    Il voulait s'excuser d'avoir été le pire des amis que la Terre n'ait jamais connu. 

    S'excuser de ne pas avoir été là quand elle en avait besoin. 

    S'excuser de ne pas avoir voulu comprendre ce qu'elle voulait.


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    - Et tu crois que je vais te pardonner comme ça juste parce que tu débarque chez moi avec ton sourire de beau charmeur ? Cracha-t-elle acide.

    - Rose… 

    - Y'a pas de Rose qui tienne Genki ! Tu t'es servi de moi ! Tu as joué avec moi ! Répliqua-t-elle en ravalant ses larmes.


    I hate everything about you

    Je hais tout à propos de toi


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    Non elle ne l'aimait plus, elle le détestait aujourd'hui, le méprisait, le haïssait même ! Elle ne voulait plus entendre parler de lui, plus jamais le revoir, elle voulait qu'il sorte de sa vie, qu'il parte sur le champ !

    Non, c'était faux et elle le savait très bien, ça c'était juste ce dont elle essayait de se persuader. Parce qu'au fond elle l'aimait oui, malgré tout le mal qu'il avait pu lui faire elle continuait de l'aimer tout en le haïssant parfois. Mais elle ne voulait pas qu'il disparaisse de sa vie, non ça elle ne le supporterait pas, elle voulait qu'il reste ! Au fond, elle était même heureuse qu'il soit là, mais jamais elle ne lui avouerait, ça lui ferait trop plaisir !

    Oui elle le haïssait !

    Non elle l'aimait…


    Why do I love you ?

    Pourquoi est-ce que je t'aime ?


     

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    On dit qu'il n'y a qu'un pas à franchit pour passer la frontière séparant l'amour à la haine. Rose avait un pied de chaque côté de cette frontière.


    Et tous ces souvenirs responsables de la discorde entre les deux amis ressurgirent soudain en pleine face pour Genki. Il revoyait chacune de ces scènes, chacun des moments où il avait fait souffrir la jeune femme sans vraiment s'en rendre compte. Du moins, sans vouloir s'en rendre compte.


    ~~~~


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    - Y'a bien un mec qui te plait en ce moment non ?

    - Hum je sais pas trop, non je ne pense pas… Et toi, y'a une fille qui te plait ?

    - Tu le répète pas ?

    - Tu me connais voyons ! C'est pas mon genre !

    - Mikazuki…

    - La nouvelle ? T'es sérieux ?


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    - Raaaaaaaaaaaaaaah ça m'énerve !

    - Quoi ? Qu'est-ce que t'as ?

    - Elle est sur la piste en train de danser avec plusieurs mecs autour, je sais pas quoi faire…

    - Vas la voir, fais ce que t'as envie de faire. C'est une soirée Genki, au pire des cas-tu pourras tout remettre sur le compte de l'alcool, même si tu bois pas, c'est pas grave. En soirée tout est permis ! Alors fonce, arrête d'hésiter. De toute façon tant que tu ne tente rien tu ne sauras jamais ce qu'elle ressent pour toi !

    - Tu sais quelque chose Rose ? S'il te plait, dis-moi…

    - Oui je sais tout…

    - Et alors ?

    - Tu sais Genki, parfois les gens n'aiment pas être le centre de l'attention, alors ils mentent pour qu'on ne se focalise pas sur eux…

    - Ouais et sinon ?

    - Ben… T'es un bon copain…


    ~~~~


    I hate everything about you

    Je hais tout à propos de toi

    Why do I love you ?

    Pourquoi est-ce que je t'aime ?


    ~~~~


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    - C'est le début des slows, fais quelque chose !

    - Mais tu veux que je fasse quoi ?

    - Tu me demande ça à moi ? Mais j'en sais rien… Tu pourrais l'inviter à danser là peut-être ?

    - Oui mais elle est pas seule…

    - Mais imposes-toi merde ! Comment tu veux réussir à l'approcher sinon ?

    - Ok j'y vais, merci.


    ~~~~


    Every time we lie awake

    Chaque fois que nous restons éveillés

    After every hit we take

    Après chaque coup que nous prenons

    Every feeling that I get

    Tous les sentiments que j'ai eus

    But I haven't missed you yet

    Mais tu ne me manque pas encore


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    Sitôt le slow terminé Mikazuki et Genki partirent tous les deux dans des directions opposées. Rose les regardaient dans l'incompréhension la plus totale jusqu'à ce qu'elle voit Genki s'asseoir et enfouir son visage entre ses mains. Pour la première fois sous les yeux de la jeune femme il venait de perdre son enthousiasme naturel. Elle alla alors à son tour s'installer à ses côtés.

    - Dis quelque chose s'il te plait, n'importe quoi mais dis quelque chose !

    - …

    - S'il te plait, dis quelque chose, n'importe quoi franchement, mais reste pas comme ça…

    - Si tu veux vraiment savoir elle m'a dit que je me faisais du mal…

    - …

    - Tu peux aller me chercher un verre de vodka, ou n'importe quoi ?

    - Non, tu ne bois pas, je te l'interdit et je ne serais pas celle qui te fera boire pour oublier !

    Mais Genki n'écoutait pas, il avait envie de boire et Rose ne serait pas celle qui l'en empêchera. Il jeta un rapide coup d'œil aux alentours jusqu'à apercevoir une canette de bière posée juste à côté de lui. Il s'en empara rapidement et la vida cul sec.

    - Tu crois que ça va te servir à quelque chose de faire ça ?

    - Non.

    - Alors pourquoi tu le fais ?


    Il ne répondit pas. Rose se contenta de le prendre dans ses bras afin d'essayer de le consoler, n'ayant pas de mots, n'étant pas douée pour consoler les gens. Parler n'avait jamais été son point fort, écouter les autres et leur exposer son point de vue était simple, mais les consoler s'avérait plutôt difficile pour elle.

    La situation était des plus risibles quand on la regardait de l'extérieur, Rose en avait pleinement conscience et c'est justement ce qui lui donnait envie de pleurer. Mais les larmes ne coulaient pas, elle ne pleurait pas, pourtant elle en avait envie, elle avait une bonne raison de pleurer pour toute fille normalement constituée. Oui, les filles pleurent toutes pour un mec un jour ou l'autre, mais elle, elle ne pleurait pas. Après tout, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle avait voulu se convaincre qu'elle ne ressentait rien pour lui, elle l'avait aidé à se rapprocher de Mikazuki. Mais les voir tous les deux si proches, le voir heureux avec elle, Mikazuki, son amie, le voir heureux dans ses bras, elle avait beau dire le contraire, ça lui avait fait mal. Et maintenant tout ce qu'elle voulait était au creux de ses bras. Mais ce n'était pas comme elle l'aurait voulu, il n'était pas dans ses bras parce que c'était les siens, non, il y était parce qu'il était triste et qu'elle voulait le consoler.


    "Il faut être maso pour faire ça, ou alors aimer sincèrement au point que le bonheur de l'être aimé passe avant tout le reste."


    "Tu l'aime à ce point alors ?" Pensa Rose intérieurement. Elle aurait tant voulu lui crier qu'elle l'aime, mais elle ne pouvait pas le faire dans un moment pareil. Et puis après tout elle ne le voulait pas non plus, c'aurait été déplacé de sa part, et ça l'aurait fait souffrir encore plus, non ça les auraient fait souffrir tous les deux bien plus qu'à présent. 


    ~~~~


    Only when I stop to think about it

    Seulement quand j'arrête d'y penser

    I hate everything about you

    Je hais tout à propos de toi

    Why do I love you ?

    Pourquoi est-ce que je t'aime ?


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    Comme ça, sans raison apparente, Genki venait de déposer un furtif baiser du bout des lèvres sur celles de Rose. Cette dernière ne comprenait pas son geste, c'était Mikazuki qu'il voulait oui ou merde ?

    - Qu'est-ce que tu fais ?

    - Ce dont tu as envie non ?

    - Là n'est pas la question. Pourquoi t'as fais ça ?

    - Je sais pas, comme ça…


    ~~~~


    I hate everything about you

    Je hais tout à propos de toi

    Why do I love you ?

    Pourquoi est-ce que je t'aime ?


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    - Allez Rose, dis-moi, je sais que y'a un mec sur qui t'as craqué ! Dis-moi qui c'est !

    - Toi. Lui répondit-elle en avalant cul sec un bon quart de la bouteille de Get 27 qu'elle avait entre les mains.


    ~~~~


    I hate everything about you

    Je hais tout à propos de toi

    Why do I love you ?

    Pourquoi est-ce que je t'aime ?

    You hate everything about me

    Tu hais tout à propos de moi

    Why do you love me ?

    Pourquoi est-ce que tu m'aime ?


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    - Yuuki m'a dit que t'en avait marre qu'un jour je t'embrasse et que le lendemain je t'ignore…

    - Arrêter de jouer avec moi !

    - Je ne joue pas !

    - C'est pas du tout l'impression que tu donne !

    - Tu veux une réponse alors ?

    - Oui, je veux quelque chose de clair net et précis ! 

    - Ok, alors je t'apprécie vraiment énormément Rose, t'es vraiment une très bonne amie, mais… Je ne pense pas que ça puisse marcher entre nous…


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    En revivant chacun de ses souvenirs Genki eu comme un pincement au cœur, il se rapprocha alors un peu plus de Rose jusqu'à l'encercler de ses bras pour essayer de la rassurer, de la consoler. Il voulait agir en ami aujourd'hui. Il en avait assez de jouer les salauds avec elle. Il était temps qu'il se rattrape.


    - Je suis désolé Rose, vraiment… Pardonne-moi s'il te plait…

    - I hate everything about you… Why do I love you ? Se contenta-t-elle de chantonner pour seule et unique réponse.



    TO BE CONTINUED

     

     


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    Une nouvelle vie s'offrait désormais à la jeune Sandra Evans. Parce qu'aujourd'hui elle emménageait dans son nouvel appartement en centre ville, seule, sans ses parents toujours sur son dos à surveiller tous ses faits et gestes. Elle allait enfin pouvoir vivre sa vie et apprendre à se gérer seule.

    Postée au milieu des cartons entreposés autour d'elle, elle contemplait la pièce principale de son nouveau chez-soi avec un air de satisfaction dessiné sur le visage. Il était désormais grand temps d'ouvrir quelques cartons et de commencer à donner un peu plus de vie à cet endroit.


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    Elle ouvrit alors le premier carton qui s'offrait à elle. Les albums photos. Elle s'assit par terre en tailleur, un album à la main et commença à le feuilleter afin de replonger dans ses plus profonds souvenirs.

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    Sur la première photo il y avait deux petites filles, l'une d'elles était rousse, les yeux marrons, quelques tâches de rousseurs parsemant sont petit visage d'enfant. La deuxième était tout autre, on aurait dit un petit ange. Elle était jolie, le visage rond mais pas trop, juste assez pour ne pas paraître trop fin, une bouche parfaitement dessinée, un petit nez bien droit et des yeux bleus ou verts suivant le temps en forme d'amande. Venaient achever ce portrait de longues bouclettes blondes parfaitement esquissées, pas de petits frisotis, pas de petites boucles du genre caniche, non de belles boucles tout simplement parfaites. Mélanie. 

     

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    - Dis… On est amies ? Demanda timidement la petite rouquine.

    - Meilleures amies pour la vie ! Lui répondit avec assurance la blonde.

    - Meilleures amies pour la vie !

     

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    À cette époque là, pendant son année de maternelle grande section, la dernière année avant le CP, Sandra s'était demandée si elle n'était pas amoureuse de sa meilleure amie. Pourquoi ? Parce que quand elle la voyait jouer avec une autre fille - Cindy - au lieu d'être avec elle, elle était jalouse, et elle trouvait aussi Mélanie vraiment très jolie, c'était d'ailleurs ça qui l'avait le plus fait penser qu'elle en était amoureuse. Aujourd'hui, elle repense à ce sentiment et elle se rend compte que c'était juste de l'affection, juste de l'amitié, une amitié infantile qui se brisa à jamais, à cause de la dispute entre les deux mère, et à cause du déménagement de la famille de la jeune Sandra.


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    Elle tourna les pages de l'album et arriva à l'époque de sa nouvelle école primaire, cette école dans laquelle elle restera jusqu'à la fin de son CM2, plus de quatre ans aux côtés des mêmes personnes.

    Au début elle se souvient qu'elle n'avait pas du tout été acceptée, elle s'était retrouvée totalement seule dans un coin de la cour de récréation, totalement seule. Mais elle était là. Adeline. Des boucles châtains, des yeux noisettes, une paire de lunettes rectangulaire. Elle était la seule et la première personne à être venue parler à Sandra, sa première amie dans cette nouvelle école.

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    Venait ensuite une petite blonde, un peu boulotte, de longs cheveux lisses et des yeux marrons, un petit nez, une petite bouche. Claire. C'était devenue l'amie la plus proche de Sandra pendant ses années en primaire, elles étaient toutes les deux presque inséparables. Deux gamines un peu fofolles qui assumaient totalement leurs délires les plus déjantés.

    Un sourire se dessina sur les lèvre de Sandra en ressassant tous les souvenirs qu'elle avait vécu aux côtés de Claire.


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    Et c'est là, à la page suivante que sont apparues plusieurs photos prises chez elle, chez ses parents, dans sa nouvelle maison de l'époque. Sur l'une des photos se trouvaient un petit garçon aux cheveux châtain, possédant les mêmes yeux que Sandra, c'était Sam, le petit frère de Sandra. À côté de lui se tenait un autre garçon, à peine plus grand que Sam, Ella ne se rappelait plus bien de lui, Romain ou quelque chose dans le genre. Il habitait au bout de sa rue, elle s'en souvenait très bien, et c'était la première personne que son frère et elle avaient rencontrés en arrivant ici. Il n'était pas resté longtemps après leur emménagement, quelques mois plus tard il avait déménagé, il n'était plus là et plus jamais ils ne l'avaient revu.


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    Sur une autre photo Sandra était au milieu de deux garçons. L'un était son frère, l'autre était un petit blond, un peu fort. Billy. Oh oui, ils en avaient passé de bons moments tous les trois, à élaborer des farces toute la nuit, à passer toute une soirée devant les mêmes jeux vidéos ou à jouer avec des figurines Pokémon et autres jouets. Ça faisait déjà quelques années qu'elle n'avait plus revu Billy, depuis le divorce des parents de ce dernier d'ailleurs… Mine de rien, ce désormais grand blond imbécile et - à l'époque - complètement gamin lui manquait, elle aimait bien passer tous des moments à s'abrutir avec ces deux garçons.


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    Une autre photo du même genre, mais avec cette fois ci, à la place de Billy se tenait un grand blond mince, enfin blond… plus entre châtain clair et blond à vrai dire… C'était Guillaume, un camarade de classe, et il était devenu un ami aussi, un bon ami même a vrai dire. Au début ils ne se parlaient pas et ne s'aimaient pas vraiment même à vrai dire, et puis leurs parents sont devenus amis, alors ils ont étés contraints de se voir régulièrement et au bout d'un moment, surtout grâce à Sam, ils étaient devenus bons amis… Oui étaient, parce qu'aujourd'hui, sans qu'elle ne comprenne plus pourquoi, le jeune homme refusait obstinément de lui parler ou de la voir… Aujourd'hui elle avait arrêter de se creuser la tête pour essayer de comprendre, mais en y repensant elle avait quand même un peu mal…


     

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    À la page suivante une photo prise alors qu'elle était en sixième. Sandra se tenait aux côtés d'une blonde décolorée, pas spécialement jolie, Betty. Elle habitait en face de chez elle, elles s'étaient lié d'amitié quand la petite Betty avait emménagé dans le quartier en fin de CM2. Ella souriait en repensant à cette Betty, parce que des filles comme elle, elle en avait rencontré d'autres, une autre en particulier, quelques années plus tard… À leur arrivée au collège les deux amies ne connaissaient personne, Sandra connaissait bien une de ses cousines mais cela faisait quelques années qu'elles ne s'étaient plus parlées. Betty était restée avec Sandra au début, d'abord parce que Sandra s'était rendue compte qu'elle connaissait en réalité beaucoup de monde, parce qu'aujourd'hui, toutes les personnes avec qui elle avait été en maternelle se retrouvaient dans ce collège, dont Mélanie. D'ailleurs cette dernière n'avait pas beaucoup changé. Elle était toujours aussi jolie, ses yeux avaient très nettement viré au vert mais le reste de son visage n'avait pas vraiment changé. Elle paraissait juste un peu plus âgée, ce n'était plus la même gamine de 5 ans. Et ce petit détail avait vite marqué Sandra, parce qu'en la revoyant, elle avait également compris qu'elles ne pourraient redevenir les meilleures amies qu'elles avaient été il fut un temps. Très vite Betty se fit de nouveaux amis et en oublia totalement Sandra qui se retrouva presque seule jusqu'à la fin de l'année.


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    Vinrent ensuite les photos de cinquième. C'était là que Sandra avait rencontré Hélène, une jeune fille adorable. Oh oui, elle avait vécu pas mal d'années relativement sympathiques aux côtés d'Hélène, elle en était même venue à la considérer comme sa meilleure amie à leur arrivée en seconde.


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    En quatrième ce fût l'arrivée de Cécile dans leur classe, une fille en apparence sincère et amicale, mais qui en réalité profitait de la gentillesse et de l'amabilité des personnes qui se disaient être ses amis. Sandra avait longuement regretté d'avoir accordé sa confiance à cette fille, d'avoir partagé plus de secrets avec elle qu'avec Hélène, de l'avoir presque considérée comme sa meilleure amie. Parce qu'elle s'était fait poignardée dans le dos, parce qu'elle avait surpris une conversation qu'elle n'étais jamais censée entendre entre Hélène et Cécile où cette dernière avouait qu'elle n'avait jamais pu supporter Sandra et qu'elle ne lui parlait que par intérêt. Oh oui, elle avait eu mal en entendant ces mots, mais aujourd'hui elle s'en remettait parfaitement bien, comme pour l'abandon de Betty dès qu'elles étaient toutes les deux au collège.


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    À cette même époque, Sandra s'était nouée d'amitié avec Vincent, c'était un petit garçon avec une voix efféminée et qu'elle ne pouvait absolument pas supporter lorsqu'elle était en primaire. Aujourd'hui cet homme était son meilleur ami et malgré quelques bas, elle avait vécu avec lui une bonne partie des meilleurs moments de sa vie.


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    L'année suivante, Sandra avait rencontré une personne qui aujourd'hui encore reste une personne importante de sa vie. Marine. C'était une jeune fille fragile, très sentimentale et qui n'avait absolument pas confiance en elle. Encore aujourd'hui, Sandra avait toujours été là quand Marine en avait eu besoin, elle l'avait toujours soutenue quelques soient les circonstances et avait tout tenté pour qu'elle prenne confiance en elle et aille jusqu'au bout de ses rêves.


    Le collège s'était achevé sur cette rencontre et le lycée allait commencer par des tas de nouvelles rencontres dont certaines allaient changer sa vie à jamais. Alors Sandra s'empressa de tourner les pages de son album photo, nostalgique de tout ce qu'elle avait vécu depuis sa première année de lycée.

    Le lycée commençait avec une photo prise à l'internat. De gauche à droite se trouvaient Marine, Hélène et Sandra. Un pincement au cœur arracha une petite grimace à Sandra en repensant à ce que l'internat avait représenté pour les trois amies.


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    À une certaine époque, Hélène pleurait toutes les nuits et Sandra se relevait pour essayer de la réconforter, et de la calmer, mais jamais, non jamais elle ne lui avait expliqué la raison de ses larmes, elle restait toujours silencieuse, se contentant d'attraper les mouchoirs que la rouquine lui tendait et la remerciant quand elle était enfin calmée. Un jour, Marine apprit à Sandra que si Hélène n'allait pas bien c'était parce qu'elle avait connu deux décès dans sa famille en l'espace d'un peu plus d'un mois. Une information qu'Hélène avait confié à une seule et unique personne, Cécile. Sandra avait très mal prit cette nouvelle, elle qui avait toujours été là pour elle, elle qu'elle avait dit considérer comme sa meilleure amie, elle ne lui avait rien dit. Par contre, la fille qui ne cherchait qu'à se faire "trouer le cul par tout ce qui bouge" elle le lui avait dit. Suite à ça les rapports entre Hélène et Sandra s'étaient dégradés, parce que Sandra n'avait plus envie de faire d'efforts pour elle, elle se sentait blessée. Jusqu'au jour où les deux amies se brouillèrent à propos d'une chose qu'avait dite Sandra sans le penser, elle s'était excusée, tout s'était arrangé puis un jour, suite à une sorte de crise de jalousie d'Hélène, elle avait ressorti cette vieille histoire, Sandra avait envie de vivre autre chose, parce qu'il fallait l'avouer, Hélène était un peu du genre "coincée", ça ne l'avait jamais dérangé, mais en soirée elle voyait bien qu'elle ne s'amusait pas, malgré tous les efforts que Sandra pouvait déployer pour la forcer à danser, on voyait qu'elle ne se plaisait pas où elle était. Alors ce fut pour des broutilles, une accumulation de petites choses comme ça, sans importance, et surtout le manque de confiance d'Hélène envers Sandra qui conduisirent à la fin de l'amitié entre les deux jeunes filles.

     

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    Plusieurs autres photos venaient illustrer les années lycée de la jeune Sandra, des photos de classe, des photos de groupe, mais celles qu'elle avait vraiment envie de voir étaient celles sur lesquelles apparaissaient ses meilleurs amis. Il s'agissait de Laure, une grande brune, de longues bouclettes et des yeux marrons, un peu névrosée. Elle était jolie, très jolie et c'était d'ailleurs pour ça en premier lieu que Martin avait commencé à sortir avec elle en début de seconde, ce dernier qui d'ailleurs se tenait à côté d'elle sur la photo. À ses côtés François. Alors lui il en avait fait voir de toutes les couleurs à Sandra, mais il fallait bien qu'elle se l'avoue, elle aimait ça, elle ne regrettait aucun moment passé avec lui, parce qu'il avait été un ami fidèle pour elle. Et enfin Maxime, un type assez mystérieux et qui paraissait très désagréable en surface, mais au fond, Sandra savait que c'était un type sympa, beaucoup plus sincère que François quand il le fallait. Tous les deux formaient d'ailleurs un drôle de duo, à vrai dire ils se complétaient parfaitement bien et c'était peut-être ça qui faisait la solidité de leur amitié…

     

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    Sandra arrivait à la dernière page de l'album, les deux dernières photos, ses deux dernières grandes rencontres. D'abord Clémentine, une jeune fille aux cheveux châtains clair et aux yeux verts, un visage parsemé de tâches de rousseurs. Les jeunes filles partageait une amitié assez particulière. Malgré une époque très houleuse dans leur relation, malgré l'arrivée à un point où ni l'une ni l'autre n'avait plus vraiment envie de parler à l'autre, de faire confiance à l'autre, elles étaient toujours revenues l'une vers l'autre. C'était comme si… Comme si rien ne pouvait les séparer, comme si quoiqu'il arrive, un jour, elles apprendront toutes les deux de leurs erreurs, elles feront une croix sur le passé et elles recommenceront sur de nouvelles bases, plus sûres.

     

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    Enfin venait la dernière photo. Il y avait d'abord Lisa Summers, une blonde aux yeux bleus, tout simplement jolie même si elle ne voulait pas y croire. Sandra partageait un lien spécial avec Lisa, c'était comme une meilleure amie, elles se disaient tout sans avoir peur du regard de l'autre, elles partageaient tout, avaient les mêmes goûts, c'était un peu comme une âme sœur, bien que toute deux avaient des caractères bien distincts. À côté d'elle, sa moitié, Xavier, un type que Sandra appréciait vraiment, il savait prendre soin de Lisa et c'était ce qui comptait plus pour la jeune femme. Ensuite se tenait Mathéo, un type un peu foufou mais adorable accompagné par son alter égo féminin Charlotte. Et enfin, à côté de Sandra, Marc. Un gars un peu secret, non pas introverti, au contraire, il était très extraverti, mais elle savait qu'il gardait pour lui tout ce qu'il ressentait…

     

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    Sandra referma l'album photo et repensa une dernière fois à toutes ces personnes qui avaient marquées sa vie. Elle se rendit compte que chacune de ces personnes, à un moment où à un autre, que ça soit volontairement ou non, qu'elles s'en soient rendue compte ou non, qu'elles se soient rattrapées après ou pas, chacune de ces personne l'avaient un jour blessée intérieurement. Mais malgré tout, ça ne l'empêchait pas de rester très proche de certains d'entre eux.

     

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    Mais il ne faut pas oublier que quoiqu'il arrive, qu'importe l'importance et l'estime qu'on accorde aux gens, un jour ou l'autre, on finira par être déçu… C'est comme ça, c'est dans l'ordre des choses, c'est la bêtise humaine qui fait ça, mais on y peut rien. La seule chose qu'on peut faire c'est pardonner. Pardonner et oublier, avancer, recommencer à zéro, repartir sur des bases plus saines. C'est la seule chose à faire pour ne pas finir par se méfier de tout le monde, ne plus accorder sa confiance à personne, et mourir seul, noyé dans son propre désespoir.

     


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  •  

    Je marchais vers la vérité, j'allais bientôt savoir ce qui se passait. 

     

     

    J'avais passé la soirée de la veille à me défoncer avec une amie, pour oublier, je ne voulais tout simplement plus penser à cette nouvelle apprit deux jours plus tôt, cette potentielle nouvelle, cette potentielle "maladie", cette potentielle perte. Non, durant toute la soirée je n'y avais pas pensé une seule fois, je m'amusais vraiment, nous débitions des conneries inimaginables, je ne pensais même pas que délirer à ce point était possible juste avec ce que nous avions pris, mais il faut croire que oui. Nos rires se mêlaient au rythme d'un fond de rap mélodique, ce n'étais pas vraiment du rap, et les textes étaient véridiques et amusant, même les chansons nous faisaient partir dans des délire, un petit rien n'importe quoi et on était de nouveau parties dans un fou rire impossible à arrêter, à balancer des énormités sans queue ni tête. 

     

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    Je m'étais réveillée en ce début d'après-midi, les souvenir de la veille pleins la tête. J'aurais voulu y retourner, retrouver cette insouciance et voir toute peur disparaitre. Seulement maintenant j'étais à quelques centaines de mètres de savoir ce qui se passait actuellement. 

     

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    J'avais peur, vraiment peur, et aucune envie de savoir, non je ne voulais pas savoir, parce que si c'était vrai, alors ça voulait dire que c'était potentiellement la fin, et je ne voulais pas, non je ne voulais pas y aller. Je voulais arrêter le temps, le reculer, retourner à hier soir, retrouver cette insouciance et cette état d'ivresse.

     

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    Étrangement, j'avais marché plus vite que d'habitude, et c'était certainement parce qu'une partie de moi voulait savoir, parce que oui, paradoxalement je voulais savoir, mais j'avais peur de savoir, oui, l'idée de savoir, d'apprendre une mauvaise nouvelle me terrifiait, parce que je n'étais pas prête pour l'entendre, non, je n'étais absolument pas prête pour ça, pour la laisser partir.

     

     

    Alors que je parcourais les cents derniers mètres, je sentais mon stress et ma peur monter. J'étais maintenant devant la porte de son lieu de travail, je n'avais plus qu'à ouvrir et attendre dans le hall, encore quelques minutes seulement…

     

     

    À la seconde où j'ouvrais la porte la peur s'amplifiait, mais mon masque d'impassibilité s'était renforcé, je savais qu'elle allait bientôt arriver, je voulais la voir, oui maintenant je voulais savoir.

     

     

    Cinq minutes s'écoulèrent et une porte s'ouvrit. J'entendais sa voix qui provenait de cette salle. Les stagiaires sortaient en se souhaitant mutuellement un bon week-end et une bonne chance pour la suite. 

     

     

    Certaines restaient là devant la porte en lui demandant si elle avait besoin d'aide pour rapporter le matériel à sa voiture. Elle se posta soudain dans l'encadrement de la porte, sans doute pour voir si j'étais bien là, et quand elle croisa mon regard elle sourit.

     

     

    - Alors qu'est-ce que tu as ?

     

    - Ils ne savent pas…

     

     

    À l'énoncé de cette simple phrase j'étais soulagée, parce que ça voulait dire que ce n'était peut-être pas si grave que ça, ça voulait dire que peut-être qu'en dehors de son anémie, ses baisses de tension et ses pointes de cœur tout allait bien, et c'était ce que j'espérais, que tout allait bien en dehors de ça.

     

     

    Mais malgré tout, au fond de moi, il reste cette peur de découvrir quelque chose de réellement grave que personne n'a encore pensé à chercher. Une tumeur ? Un cancer ? Une maladie incurable ? Je n'en sais rien, je ne sais même pas si je dois réellement croire à ses mots, au fait qu'elle ne sait pas, je ne sais plus quoi penser de tout ça, et je me demande si un jour, tout ça va s'arrêter.

     



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  •  

    Elle était là, seule, toujours seule quand il était là aussi. Elle ne parlait plus depuis longtemps, par peur, parce que si elle avait le malheur de prononcer un mot de travers elle savait ce qui l'attendait, alors elle avait arrêté de parler, elle se disait qu'au moins, ça lui ferait une raison de moins de la frapper. Elle obéissait parfaitement à ses moindres désirs, quels qu'ils soient, oui, elle faisait vraiment tout ce qu'il lui demandait de faire. Une femme parfaitement soumise. Oui, elle lui était totalement soumise, à cause de l'atmosphère de peur qu'il avait créé autour d'elle, elle n'avait aucune échappatoire, rien qui pouvait l'aider à s'en sortir, pas même nous…

     

     

    Nous étions ses enfants, Amandine 5 ans, Sébastien 8 ans, et moi, Rose 10 ans. Nous n'étions plus leurs enfants, nous ne voulions plus être leurs enfants, parce que ça aurait voulu dire qu'il était toujours notre père et nous ne voulions pas qu'il soit notre père, non, nous ne voulions pas d'une père se comportant comme ça avec notre mère, nous ne voulions pas de ça.

     

     

    Le pire dans tout ça c'était que si l'un d'entre nous avait le malheur de lui répondre quoique se soit qui lui déplut, alors elle prenait toujours tout. 

     

     

    Nous avions toujours peur pour nous parce qu'il prenait un air vraiment terrifiant, et c'était toujours quand nous étions à table, tous les cinq. 

     

     

    Alors il prenait aussi son couteau, il le serrait très fort, il nous menaçait avec, nous ne savions jamais ce qu'il en ferait et nous avions tous peur, toujours, parce que ses trait démontraient une colère vraiment intense et un désir de frapper, voire même de tuer. 

     

     

    Mais parfois c'était plus fort que nous, enfin plus fort que Sèb et moi parce que nous étions un peu plus grand alors nous posions des questions trop dérangeantes parfois, nous lui répondions un peu trop, et à chaque fois il commençait par déverser sa colère sur nous avant de la déverser sur elle en lui disant qu'elle nous avait monté contre lui, que si nous nous comportions comme ça ce n'était pas normal, parce que les enfants ne se comportent pas comme ça, ils ne sont jamais insolents, dédaigneux et méprisants envers leur père, non si nous nous comportions comme ça la seule explication c'était parce qu'elle nous montait contre lui quand il n'était pas là, tout était forcément de sa faute. 

     

     

    Au début, elle se défendait, elle lui disait que c'était complètement de la parano, qu'elle ne monterait jamais ses enfants contre leur père, que tous les enfants étaient comme ça, que j'étais en train d'entrer dans l'adolescence, que c'était normal, et que nous nous comportions de même avec elle. 

     

     

    Et puis finalement, elle avait compris qu'aucun dialogue n'était efficace avec lui, que de toute façon il allait frapper, alors elle se défendait du mieux qu'elle pouvait, parfois elle arrivait à le mettre à la porte et alors il cassait tout ce qu'il trouvait, comme les vases que maman avait mis là pour qu'ils sèchent au soleil durant la journée et qu'elle avait oublié de rentrer.

     

     

    Et d'autres fois elle n'avait pas assez de force pour se débarrasser de lui, et alors il l'entrainait dans la petite pièce à côté de la cuisine et il frappait. 

     

     

    Et nous, nous étions à côté, criant, hurlant, lui suppliant de laisser notre mère tranquille, mais jamais rien n'y faisait, au bout d'un moment nous avions arrêté de crier, nous nous contentions de nous cacher dans l'une de nos chambres et de parler pour essayer de nous calmer, le plus dur était de calmer Amandine.

     

     

    Et puis quand l'orage était passé, quand les cris provenant de la pièce à côté de la cuisine avaient cessé, quand nous entendions la voix de notre mère nous appeler pour débarrasser la table, nous redescendions, évitant de croiser son regard par peur de nous en prendre une, évitant de pleurer pour les mêmes raisons, ne demandant à notre mère comment elle allait que quand il n'était plus là par peur que ça recommence, et nous débarrassions la table. 

     

     

    Il y avait toujours une chose qui me faisait peur dans ces moments-là, c'était les couteaux, parce que souvent il restait dans la cuisine à côté de l'égouttoir à vaisselle, et souvent je faisais la vaisselle, et j'avais toujours peur qu'il ne prenne un couteau et qu'il commence à commettre l'irréparable. Mais il ne l'a jamais fait, il n'a jamais commis l'irréparable, il a déjà pris un couteau, il a déjà pris un verre et l'a littéralement propulsé contre le sol, de même avec un pot de confiture et une assiette. Vous imaginez, vous n'avez que 10 ans, vous êtes en train de faire la vaisselle, votre père est dans une rage folle juste à côté de vous, vous savez qu'il a envie de s'en prendre à votre mère, vous savez qu'il a envie de cassez quelque chose, de frapper, il n'arrête pas de murmurer "J'vais la frapper, j'vais la frapper, j'vais la frapper…" et il prend ce pot en verre, il l'éclate contre le sol, vous entendez les bouts de verre voler dans la cuisine, vous avez peur qu'il y en ai un qui réussisse à vous transpercer la peau, et vous entendez votre mère crier "Non mais ça va pas bien, Rose est à côté de toi, t'as envie de la blesser ? C'est ça que tu cherche ? T'as envie de blesser tes enfants ?" elle lui disait toujours qu'on était ses enfant à lui, pas les leurs ou les siens à elle, non, elle lui disait qu'on était les siens à lui pour le faire culpabiliser, pour qu'il nous épargne, et souvent ça marchait, il sortait de la pièce, allait s'isoler quelque part, dehors parfois ou dans la chambre conjugale et elle avait réussi en quelque sorte à nous épargner. 

     

     

    Oui, elle avait encore de l'espoir pour nous, oui elle en avait encore juste pour nous. Mais ce qu'elle ne savait pas c'était que même pour nous il n'y avait plus d'espoir à avoir, parce que nous étions déjà trop impliqués là dedans, parce que je ne pouvais plus supporter cet homme, je ne pouvais plus le considérer comme mon père, j'essayais pourtant d'être correcte avec lui parce que je savais ce qui allait se passer si je ne l'étais pas, mais au premier mot de travers tout était déjà trop tard…

     



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  • Je déteste Noël, et les réunions de famille en règle générale depuis toujours. Enfin peut-être pas depuis toujours, à une époque j'adorais cette période. Oui, quand j'étais encore toute petite et que je ne comprenais rien aux discutions et problèmes des adultes j'adorais ça, comme tout enfant, Noël c'était comme un deuxième anniversaire… 
    Mais depuis pas mal d'années maintenant je ne supporte plus cette fête. La seule chose dont j'ai envie en y pensant c'est de pleurer. Me laisser glisser sur le sol, et lâcher toutes ces larmes que je me refuse de laisser couler en leur présence. Je ne leur donnerai pas ce plaisir, jamais.

     



    Quand j'étais petite, nous avions l'habitude de fêter le réveillon de Noël chez une sœur de mon père et donc avec ma famille paternelle et le jour de Noël chez ma grand-mère maternelle soit avec l'autre côté de la famille et j'ai gardé cette habitude en grandissant. Mais depuis quelques mois j'étais légèrement en froid avec mon père alors j'appréhendais ce réveillon. L'ambiance risquait d'en prendre un coup si je n'adressais pas un mot à mon père et j'étais donc persuadée que j'allais passer une mauvaise soirée.
    Contre toute attente, j'ai passé un merveilleux réveillon de Noël chez ma tante. J'ai ri, j'ai joué, j'ai dansé, j'ai déliré avec mes cousins et cousines. C'était comme si je venais d'échanger ma vie avec celle d'une autre personne, une personne pour qui tous les Noël sont gais et chaleureux. J'avais vraiment l'impression de faire partie de cette famille, je me sentais bien parmi eux et n'avais aucune envie que la soirée se termine…

     



    Le jour de Noël fut bien différent de ce que j'avais imaginé également. Je ne saurai vous dire pourquoi mais j'avais espéré que tout se passerait à merveille, comme lorsque j'étais encore gamine.
    Je ne suis pas vraiment du genre très féminine, j'aime rester discrète, banale, ce qui revient à opter pour un jean noir et un haut un peu plus classe que d'habitude, à la limite mettre une jupe longue, pour cette célébration qu'est Noël.
    Mais cette année, j'avais envie de faire plaisir à tout le monde, de changer un peu, de m'habiller en "fille", ou plutôt en femme, afin d'éviter quelques remarques désagréable de ma famille et éviter la célèbre question "Pourquoi est-ce que tu n'as pas mis de robe ? Tu veux cacher tes formes disgracieuses avec cette tenue ?" suivie de la toujours très agréable remarque "Mais ma pauvre petite tu fais tâche sur les photos de famille avec ce vieux jean, tu es la seule à n'avoir fait aucun effort vestimentaire !". J'avais donc opté pour une petite robe bustier rouge accompagnée par des escarpins de la même couleur. Je me sentais belle pour une fois, je ne complexais pas du tout sur mon corps et j'espérais vraiment que cette année les seules remarques auxquelles j'aurai droit seraient des remarques positives.

     



    Quand je suis arrivée chez ma grand-mère, sa seule réaction fut "Ah, enfin quelqu'un, tu vas pouvoir m'aider. Fais-ci, fais-ça…" en soit ça ne me dérangeait pas de l'aider, au contraire, elle n'est plus toute jeune alors autant limiter les efforts. Mais j'aurai aimé qu'elle dise quelque chose à propos de ma tenue lorsque je suis venue la saluer… C'est seulement au bout d'une demi-heure, une heure - je ne sais même plus -, alors qu'elle me demandait encore de faire 36 choses en même temps qu'elle me dit "Oh, mais tu es en robe ! Et rouge en plus ! Bon, maintenant fais-ça !". Et je n'ai rien dit. Après tout quoi dire ? 
    C'était si futile de ma part de vouloir à tout prix un compliment à propos de ma tenue… Mais j'en avais besoin, j'avais besoin de me sentir appréciée par cette famille en laquelle je voulais tant croire. Mais c'était peine perdue depuis bien longtemps.

     



    Pour le repas, ma grand-mère avait prévu des fruits de mer, uniquement. Je déteste les fruits de mer, elle le sait. Les larmes commençaient déjà à tenter de forcer le barrage de mes yeux, mais je les retins. Pourquoi avais-je tant envie de pleurer ? Je ne le savais pas vraiment, après tout c'est totalement débile de pleurer parce qu'on a l'impression de n'être rien pour sa famille.
    Je n'étais pas la seule à ne pas en manger, mes petits cousins de 3 et 5 ans n'en voulaient pas non plus - mais c'était surtout par caprice -, alors ma grand-mère annonça qu'il y avait du melon pour ceux qui ne mangeaient pas de fruits de mer et m'a ordonné d'aller le couper. Une émotion nouvelle s'empara alors de moi, était-ce de la colère, de la rage, de la haine ou simplement une profonde tristesse ? Je n'en savais rien, mais j'avais envie de lui dire d'aller se faire foutre, de demander à quelqu'un d'autre, que je n'étais pas un chien, une servante ou n'importe qui d'autre à qui on délègue toutes les tâches qu'on n'a pas envie de faire !
    Mais avec cette famille-la il fallait à tout prix conserver les apparences, rester forte, ne surtout jamais plier, parce qu'ils n'hésiteraient alors pas une seule seconde avant de me déchiqueter de toute part. 
    Pas de place pour les faibles.




    Alors je me suis levée, je suis allée dans la cuisine et j'ai tenté tant bien que mal de couper ce melon - sachant que j'ai la réputation d'être très maladroite avec les instruments de cuisine, en particulier tout ce qui sert à trancher. Mais bien évidemment je n'y arrivais pas, mes parts ne ressemblaient à rien, et pourtant il fallait que ça soit parfait, je n'avais pas le droit à l'erreur sinon les réflexions tomberaient comme quoi je ne suis vraiment bonne à rien.
    Mais épuisée de me battre contre moi-même depuis le début de la journée je lâchais le couteau et les larmes se mirent à couler le long de mes joues. Je ne voyais plus rien, je n'avais pas envie de retourner dans la salle à manger, je ne voulais pas les revoir. Et je les entendais rire de l'autre côté, et mes petits cousins s'impatientaient de ne pas voir le melon arriver. 

     



    Un bruit de chaise, il fallait que je fasse disparaitre les larmes. Mon maquillage avait coulé, j'essayais tant bien que mal de limiter les dégâts avant que l'intrus n'arrive dans la cuisine pour voir où en était le découpage du melon. Mais mes larmes ne s'arrêtaient pas, alors je baissais la tête, tentant de cacher mon visage avec mes cheveux pour dissimuler mes larmes.
    La sœur de ma mère s'approcha "Bon t'en es où avec ce melon ? Les petits attendent. Tu compte mettre une heure pour le découper ?". Je ne répondis pas, ce qui l'énerva. Elle avança donc jusqu'à moi, soupira et me poussa "Dégage de là incapable, je vais le faire !". Elle prit donc le couteau et repris le découpage du melon, essayant de rattraper ce que j'avais commencé.

     



    Je n'en pouvais plus, si je restais encore un peu parmi eux j'allais craquer, exploser et je ne le voulais pas. Ils en seraient tous trop heureux de pouvoir me descendre une fois de plus. 
    Moi qui suis la ratée de la famille parce que je ne suis pas ingénieur, cadre ou chef d'entreprise. Moi qui n'ai pas fait de grandes études de médecine ou autre alors que j'en avais soi-disant le potentiel. Moi qui ne suis qu'une simple intermittente du spectacle sans boulot fixe.
    Oh oui, je suis la risée de la famille. Oh oui ils ont honte de moi. Oh oui ils aimeraient mieux que je ne sois pas là !
    Alors sous le regard ahuri de la reine de l'hypocrisie parmi tous ces joyeux lurons qui constituent ma "famille", j'ai pris mes affaires et suis partie en claquant la porte.
    Trop c'est trop, puisqu'ils ne me considèrent que comme une moins que rien, autant ne pas leur imposer ma présence plus qu'injurieuse à leurs yeux.

     



    L'année prochaine ça sera sans moi, ils ne me reverront plus. Seule ma famille paternelle aura de mes nouvelles. Cette famille qui m'accepte comme je suis, qui ne me juge pas et avec qui j'ai passé probablement passé les meilleurs moments de ma vie.
    Et maintenant je sais, ce n'est pas Noël ou les réunions de famille que je déteste tant, non, c'est cette famille d'hypocrites qui juge et a honte de moi. Famille que j'ai trop longtemps côtoyé en délaissant quelque peu l'autre, la vraie, celle du côté de mon père.

    Adieu hypocrisie.
    Bonjour joie et bonne humeur insouciante.

     

     

    Nouvelle écrite pour un concours sur le forum Il était une fois


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